Portrait de Lucille Boitelle

Lucille Boitelle 01 - lucille.boitelle@yahoo.fr
Lucille Boitelle 03 - lucille.boitelle@yahoo.fr
Lucille Boitelle 02 - lucille.boitelle@yahoo.fr

Qui se cache derrière le studio Lucille Boitelle?
Je travaille en mon nom.

Depuis quand le studio existe?
3 ans.

Raconte-nous ton parcours.
J’ai d’abord fait des études en design industriel, à la sortie du Dsaa j’ai pourtant un doute.
Je rempile alors pour un an en design textile, pensant intégrer des sociétés comme Kvadrat (à la frontière des deux disciplines).
Finalement on me propose de ne pas faire la seconde année de design textile à l’école mais de faire un stage long.
Je rentre ainsi chez Kenzo pour 9 mois, et tout s’accélère, je trouve ensuite un poste en tissage au sein de la maison Pierre Frey,
j’y reste presque 5 ans et travaille aussi bien au tissage qu’en renfort aux papiers peints.
En parallèle je commence à travailler en free-lance pour la mode, et lorsque je me lance définitivement à mon compte j’ai déjà des projets en route.

Décris-nous ton style.
Je ne sais pas si l’on peut réellement parler de style en ce qui me concerne, car j’effectue surtout un travail de commande et je dois m’approprier l’identité des maisons pour lesquelles j’officie.
Cependant il y a des techniques qui me sont propres et comme je travaille principalement à la main, il y a forcément une patte qui émerge. Je suis par contre très sensible à la composition de mes dessins, et à leurs colorations.

Quelles sont tes inspirations/influences principales?
Mes influences sont réellement multiples, enfant mes parents m’emmenaient beaucoup au musée. Ainsi, j’ai voué très tôt une passion à Matisse, à Séraphine de Senlis, et à Magritte.
En grandissant j’ai appris à me nourrir de tout ce qui fait mon identité : les plages du nord, les goûters sous le pommier, les voyages en Italie… Ma dernière (re) découverte c’est le travail de Sandro Botticelli, tout m’inspire : son approche de la couleur, du rendu du drapé, à voir ce qui en sortira !

Le lieu qui t’inspire le plus?
Le musée Guimet, je peux y passer des heures !

Qu’est-ce qui a déclenché ta passion pour les imprimés?
Je ne saurai définir un élément particulier mais évidemment que cela provient de l’enfance. J’imagine que mon amour très jeune pour l’art moderne n’y ai pas pour rien. En tête me viennent spontanément des Odalisques peintes par Matisse, mises en scène dans un décor orné de papier peint et de tissus colorés.

Ton souvenir imprimé.
Une paire de doc martens à fleurs que j’avais eu pour mes 4 ans ! J’attends une ré-édition avec impatience !

Décris-nous ton processus de création.
Tout au long de l’année je me créé des dossiers thématiques avec des images qui m’inspire. Le temps venu, je fais deux ou trois croquis rapides de dessins possibles sur cette thématique. Ensuite je peins l’ensemble des mes éléments, les scanne, les nettoie, et je compose avec ça. Parfois ça va très vite, et parfois ça ne fonctionne pas. Je produis alors quelque chose de très différent du croquis initial. C’est toujours l’histoire que je raconte qui prime, quitte à tout changer !

Quel est ton médium préféré et pourquoi?
Je n’ai pas un médium de prédilection mais des associations de médium fétiches, ça oui ! Craies NEOCOLOR et acrylique, crayons de couleurs et feutres, encres et craie grasse… Par contre pour le raccord comme pour les colorations, je reste une inconditionnelle de Photoshop.

Quelle musique écoutes-tu en travaillant?
J’écoute de manière exclusive France Inter et France culture. Alors merci merci merci Les pieds sur terre, Augustin Trapenard, une vie une oeuvre, Charline Vanhoecker et tout les autres d’être là chaque jour !

Quelle est la partie que tu préfères dans ce métier?
Je crois que c’est quand je fais la tournée des éditeurs avec mes dessins, cela signe à la fois la fin d’une collection, si tout va bien de nouveaux projets à venir, et en même temps, c’est un moment particulier, un moment de partage. Mes histoires prennent vie. Chacun y va de son anecdote, de ses conseils pour la suite, c’est très formateur.

Pour quel type de produits ou secteurs travailles-tu?
Principalement l’ameublement haut de gamme. Mais cela n’empêche en aucun cas des projets dans la mode, la papeterie ou le décor…

Sur quoi travailles-tu en ce moment?
Sur une nouvelle collection de dessins à présenter aux Editeurs et sur un projet de court métrage pour lequel je dois faire les décors.

Que souhaites-tu accomplir dans le futur?
Il y a évidemment des maisons avec lesquelles je rêve de travailler. Mais rien ne sert d’être pressée, il y a encore du travail à fournir !

Quels conseils voudrais-tu donner aux futurs designers qui se lancent?
D’être patient !!! Que ce soit pour sortir une collection, pour communiquer sur un nouveau projet, ou pour se construire une clientèle, tout prend du temps !

Comment te positionnes-tu avec l’arrivée des logiciels dans ton métier ?
Ce sont de formidables outils, après je garde à l’esprit que ce ne sont que des outils. Ils permettent donc d’aller plus vite, ou d’être plus souple (notamment pour les colorations) mais ils ne font pas l’âme de votre dessin.

Pour contacter Lucille Boitelle

Lucille Boitelle
lucille.boitelle@yahoo.fr

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